La donation-cession permet de transmettre un actif avant sa vente afin d’éviter une double imposition sur la plus-value et la transmission.

💡 L'essentiel en 30 secondes
La donation-cession consiste à transmettre des titres à ses enfants avant de les vendre, pour purger la plus-value latente. Économie typique : 30 à 34 % de la plus-value (PFU + prélèvements sociaux). Pour une cession de 2 000 000 € avec PV latente de 1 800 000 €, l'économie nette s'établit à environ 114 000 € pour deux enfants — la plus-value est purgée, mais les droits de donation restent dus.
Conditions de sécurité fiscale : (1) la donation doit être réelle et préalable à la cession ; (2) l'enfant donataire doit avoir la libre disposition du prix ; (3) le délai entre donation et cession ne doit pas être anormalement court. Le risque principal est la requalification en abus de droit (art. L64 LPF).
La donation-cession constitue une technique juridique et fiscale permettant d'optimiser la transmission d'un patrimoine à l'occasion de la cession d'un actif. Elle repose sur une chronologie volontairement inversée, consistant à donner un bien avant de le vendre, afin d'éviter que la même valeur ne soit soumise successivement à l'impôt sur la plus-value puis aux droits de mutation à titre gratuit.
En droit fiscal, la donation et la cession relèvent de logiques distinctes. La donation est soumise aux droits de mutation à titre gratuit, tandis que la cession peut entraîner l'imposition d'une plus-value, correspondant à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition.
Lorsque le bien est transmis avant sa vente, le donataire est réputé l'avoir acquis pour la valeur retenue dans l'acte de donation. Cette valeur devient le nouveau prix de revient fiscal. Si la cession intervient peu de temps après, le prix de vente étant proche de cette valeur, aucune plus-value imposable significative n'est constatée.
La donation-cession constitue un outil particulièrement efficace en matière de plus-value mobilière, notamment lorsque les titres ont été acquis pour une valeur faible et ont connu une forte revalorisation. La donation préalable des titres permet de neutraliser cette imposition en retenant comme prix de revient fiscal la valeur déclarée dans l'acte de donation.
À titre d'exemple, des titres acquis pour une valeur quasi nulle sont donnés pour 1 000 000 €, puis cédés pour ce même montant. La donation préalable permet de retenir un prix de revient de 1 000 000 €, neutralisant ainsi toute imposition de la plus-value.
La donation-cession suppose impérativement que la donation intervienne avant la cession. Lorsque la donation porte sur des titres, le transfert de propriété doit être effectif dès la donation, ce qui suppose notamment l'inscription des titres au compte du donataire.
L'administration fiscale peut écarter les actes présentant un caractère fictif ou poursuivant un objectif exclusivement ou principalement fiscal, sur le fondement des articles L. 64 et L. 64 A du LPF. Le risque principal ne réside pas dans la proximité temporelle entre donation et cession, mais dans la réappropriation, directe ou indirecte, par le donateur des biens transmis ou du produit de leur cession.
| Stratégie | Économie fiscale | Complexité | Risque | Pour qui ? |
|---|---|---|---|---|
| Donation-cession | 30-34 % sur PV latente | Moyenne | Abus de droit (L64 LPF) | Cédant souhaitant transmettre |
| Vente directe | 0 (PFU 30 % sur PV totale) | Faible | Aucun | Cession sans héritiers |
| Apport-cession (150-0 B ter) | Report d'imposition | Élevée (70 % de réinvestissement depuis la LF 2026) | Sortie du report | Réinvestissement actif |
| Donation simple + cession différée | 30-34 % + abattement 100 000 € | Moyenne | Faible | Délai 5+ ans possible |
Pour une cession de titres à 2 000 000 € dont la plus-value latente est de 1 800 000 € : Vente directe = 540 000 € d'impôt (PFU 30 %). Donation-cession = 0 € sur la plus-value, purgée, mais les droits de donation restent dus : ~426 000 € pour 2 enfants après l'abattement de 100 000 € par enfant. Économie nette ~114 000 € sur cette seule opération.
Le gain n'est donc pas la totalité de l'impôt de plus-value : il faut en retrancher des droits de donation que l'on aurait, il est vrai, acquittés tôt ou tard. L'intérêt de la donation-cession se mesure moins en économie immédiate qu'en anticipation d'une transmission de toute façon prévue, réalisée ici sans double imposition.
Il n'existe pas de délai légal minimum, mais la jurisprudence administrative exige que la donation soit réelle et préalable. En pratique, un délai de quelques semaines à plusieurs mois est sécurisant. L'élément clé est la libre disposition du prix par le donataire après cession.
Le risque principal réside dans la requalification en abus de droit (art. L64 LPF) si l'administration considère que le montage a un but exclusivement fiscal. Les sanctions sont lourdes : réintégration des PV + intérêts de retard (0,2 %/mois) + majoration de 40 à 80 %.
Une fois la donation effectuée, le donataire devient seul propriétaire et a la liberté de décision. Le donateur ne peut pas le contraindre à vendre. Pour sécuriser : donation-partage avec engagement de revente, pacte d'associés préalable, ou réunion familiale préalable de validation.
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